Le 08 mars, ça vient d'où ?
Le 08 mars, ça vient d'où ?
- 08 March 2026
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- Education
DONNEZ-MOI TROIS MINUTES. VOUS NE LE REGRETTEREZ PAS !
Mesdames, Messieurs,
Aujourd’hui encore, beaucoup d’entre nous vont lever un verre pour célébrer le 8 mars, souvent présenté comme « la fête de la femme ». Pourtant, très peu connaissent réellement l’histoire de cette date. Et comme souvent, l’histoire est plus complexe — et plus intéressante — que la légende.
Recontextualisons d’abord notre propre histoire
Avant même la rencontre avec l’Occident, les sociétés africaines — et particulièrement celles du bassin du Congo — possédaient des systèmes de valeurs où la femme occupait une place importante, bien que cette place ait varié selon les peuples, les royaumes et les époques.
La femme n’y était pas seulement mère. Elle pouvait être gardienne de la mémoire, conseillère politique, prêtresse, commerçante, cheffe de clan ou même souveraine. L’histoire du continent connaît des figures féminines fortes : reines, prophétesses, diplomates ou résistantes. Dans plusieurs sociétés, la transmission de l’identité et des biens passait même par la lignée maternelle.
Cela ne signifie pas que ces sociétés étaient parfaitement égalitaires — aucune civilisation ne l’a été — mais le statut social des femmes y était souvent plus nuancé que ce que l’on imagine aujourd’hui.
La rencontre avec l’Europe coloniale a introduit de nouveaux cadres juridiques, religieux et administratifs, largement façonnés par les structures patriarcales de l’époque. Dans beaucoup de territoires africains, ces systèmes ont contribué à réorganiser la société d’une manière qui a parfois réduit ou transformé certaines formes d’autorité féminine traditionnelles.
Dire cela n’est pas une attaque contre une religion ou une civilisation particulière ; c’est simplement un rappel historique. Les sociétés humaines évoluent, s’influencent et se transforment mutuellement.
D’où vient réellement le 8 mars ?
On raconte souvent que le 8 mars serait né d’une grève d’ouvrières textiles à New York en 1857. Cette histoire est très répandue. Pourtant, la plupart des historiens considèrent aujourd’hui qu’il s’agit d’un récit apparu au milieu du XXᵉ siècle, probablement pour donner à cette journée une origine plus ancienne et plus symbolique.
En réalité, l’histoire du 8 mars s’inscrit dans la montée des mouvements ouvriers et féministes au début du XXᵉ siècle.
La genèse : une idée portée par des militantes
Le 8 mars n’est pas né d’un seul événement spectaculaire. Il est le fruit d’un long processus de mobilisation pour les droits politiques, sociaux et économiques des femmes.
- 1909 : aux États-Unis, le Parti socialiste d’Amérique organise la première “Journée nationale de la femme”, célébrée le dernier dimanche de février. L’objectif est clair : soutenir les luttes des travailleuses et revendiquer le droit de vote.
• 1910 : lors de la Conférence internationale des femmes socialistes à Copenhague, la militante allemande Clara Zetkin propose la création d’une journée internationale consacrée aux droits des femmes. L’idée est adoptée, mais aucune date fixe n’est encore choisie.
• 1917 – le tournant russe : le 8 mars 1917 (selon notre calendrier actuel), à Saint-Pétersbourg, des ouvrières descendent dans la rue pour réclamer « le pain et la paix », épuisées par la guerre et la misère. Leur mobilisation déclenche une vague de protestations qui contribuera au début de la Révolution russe. Par la suite, le pouvoir soviétique fera du 8 mars une journée officielle dédiée aux femmes.
La reconnaissance mondiale
Après la Seconde Guerre mondiale, cette journée reste longtemps surtout célébrée dans les pays socialistes et en Europe de l’Est. Mais progressivement, elle prend une dimension universelle.
• 1975 : pendant l’Année internationale de la femme, les Nations Unies commencent à célébrer officiellement le 8 mars.
• 1977 : l’Assemblée générale de l’ONU adopte une résolution invitant les États à consacrer une journée à la promotion des droits des femmes et de la paix.
Pourquoi ce n’est pas simplement “la fête de la femme” ? C’est une nuance essentielle. Le nom exact est : Journée internationale des droits des femmes.
Autrement dit, ce n’est pas une simple fête sociale ou romantique. C’est une journée qui invite à réfléchir.
Réfléchir :
– aux luttes passées qui ont permis des avancées importantes ;
– aux progrès réalisés dans de nombreux pays ;
– mais aussi aux défis qui restent : accès à l’éducation, égalité économique, participation politique, lutte contre les violences faites aux femmes.
Le 8 mars n’est donc pas seulement un jour pour offrir des fleurs ou organiser des cérémonies. C’est surtout un jour de mémoire et de conscience.
Parce que les droits dont beaucoup de femmes bénéficient aujourd’hui — voter, étudier, travailler librement, participer à la vie publique — n’ont jamais été des cadeaux de l’histoire. Ils ont été conquis, souvent au prix de luttes longues et courageuses. Et comprendre cette histoire, c’est déjà commencer à lui donner du sens.
Pascal Ntambuka,
Président du Conseil Provincial de la Jeunesse du Sud Kivu
Mesdames, Messieurs,
Aujourd’hui encore, beaucoup d’entre nous vont lever un verre pour célébrer le 8 mars, souvent présenté comme « la fête de la femme ». Pourtant, très peu connaissent réellement l’histoire de cette date. Et comme souvent, l’histoire est plus complexe — et plus intéressante — que la légende.
Recontextualisons d’abord notre propre histoire
Avant même la rencontre avec l’Occident, les sociétés africaines — et particulièrement celles du bassin du Congo — possédaient des systèmes de valeurs où la femme occupait une place importante, bien que cette place ait varié selon les peuples, les royaumes et les époques.
La femme n’y était pas seulement mère. Elle pouvait être gardienne de la mémoire, conseillère politique, prêtresse, commerçante, cheffe de clan ou même souveraine. L’histoire du continent connaît des figures féminines fortes : reines, prophétesses, diplomates ou résistantes. Dans plusieurs sociétés, la transmission de l’identité et des biens passait même par la lignée maternelle.
Cela ne signifie pas que ces sociétés étaient parfaitement égalitaires — aucune civilisation ne l’a été — mais le statut social des femmes y était souvent plus nuancé que ce que l’on imagine aujourd’hui.
La rencontre avec l’Europe coloniale a introduit de nouveaux cadres juridiques, religieux et administratifs, largement façonnés par les structures patriarcales de l’époque. Dans beaucoup de territoires africains, ces systèmes ont contribué à réorganiser la société d’une manière qui a parfois réduit ou transformé certaines formes d’autorité féminine traditionnelles.
Dire cela n’est pas une attaque contre une religion ou une civilisation particulière ; c’est simplement un rappel historique. Les sociétés humaines évoluent, s’influencent et se transforment mutuellement.
D’où vient réellement le 8 mars ?
On raconte souvent que le 8 mars serait né d’une grève d’ouvrières textiles à New York en 1857. Cette histoire est très répandue. Pourtant, la plupart des historiens considèrent aujourd’hui qu’il s’agit d’un récit apparu au milieu du XXᵉ siècle, probablement pour donner à cette journée une origine plus ancienne et plus symbolique.
En réalité, l’histoire du 8 mars s’inscrit dans la montée des mouvements ouvriers et féministes au début du XXᵉ siècle.
La genèse : une idée portée par des militantes
Le 8 mars n’est pas né d’un seul événement spectaculaire. Il est le fruit d’un long processus de mobilisation pour les droits politiques, sociaux et économiques des femmes.
- 1909 : aux États-Unis, le Parti socialiste d’Amérique organise la première “Journée nationale de la femme”, célébrée le dernier dimanche de février. L’objectif est clair : soutenir les luttes des travailleuses et revendiquer le droit de vote.
• 1910 : lors de la Conférence internationale des femmes socialistes à Copenhague, la militante allemande Clara Zetkin propose la création d’une journée internationale consacrée aux droits des femmes. L’idée est adoptée, mais aucune date fixe n’est encore choisie.
• 1917 – le tournant russe : le 8 mars 1917 (selon notre calendrier actuel), à Saint-Pétersbourg, des ouvrières descendent dans la rue pour réclamer « le pain et la paix », épuisées par la guerre et la misère. Leur mobilisation déclenche une vague de protestations qui contribuera au début de la Révolution russe. Par la suite, le pouvoir soviétique fera du 8 mars une journée officielle dédiée aux femmes.
La reconnaissance mondiale
Après la Seconde Guerre mondiale, cette journée reste longtemps surtout célébrée dans les pays socialistes et en Europe de l’Est. Mais progressivement, elle prend une dimension universelle.
• 1975 : pendant l’Année internationale de la femme, les Nations Unies commencent à célébrer officiellement le 8 mars.
• 1977 : l’Assemblée générale de l’ONU adopte une résolution invitant les États à consacrer une journée à la promotion des droits des femmes et de la paix.
Pourquoi ce n’est pas simplement “la fête de la femme” ? C’est une nuance essentielle. Le nom exact est : Journée internationale des droits des femmes.
Autrement dit, ce n’est pas une simple fête sociale ou romantique. C’est une journée qui invite à réfléchir.
Réfléchir :
– aux luttes passées qui ont permis des avancées importantes ;
– aux progrès réalisés dans de nombreux pays ;
– mais aussi aux défis qui restent : accès à l’éducation, égalité économique, participation politique, lutte contre les violences faites aux femmes.
Le 8 mars n’est donc pas seulement un jour pour offrir des fleurs ou organiser des cérémonies. C’est surtout un jour de mémoire et de conscience.
Parce que les droits dont beaucoup de femmes bénéficient aujourd’hui — voter, étudier, travailler librement, participer à la vie publique — n’ont jamais été des cadeaux de l’histoire. Ils ont été conquis, souvent au prix de luttes longues et courageuses. Et comprendre cette histoire, c’est déjà commencer à lui donner du sens.
Pascal Ntambuka,
Président du Conseil Provincial de la Jeunesse du Sud Kivu